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Tandis que les historiens débattent encore de l’éventuelle rencontre entre Schubert (1797-1828) et son illustre aîné, Beethoven (1770-1827), le concert de ce soir propose en toute liberté un dialogue imaginaire réunissant les deux compositeurs au-delà du temps qui leur fut donné à vivre.
Dialogue, donc, pour improbable qu’il soit, entre Schubert et Beethoven, dialogue, encore entre les instruments. Dialogue, enfin, entre deux jeunes artistes du concert d’aujourd’hui : Caroline Sablayrolles, au piano, André Monteiro, au cor.
Les Trois Klavierstücke D 946 ou Trois pièces de Schubert ont été écrites quelques mois avant sa mort. Beethoven, un an plus tôt s’en est allé lui aussi. Or, pendant cette année, Schubert semble se libérer de l’admiration paralysante qu’il a vouée toute sa vie au génie de Beethoven et compose avec passion.
Ces Trois pièces, composées en mai 1828, ne seront pas publiées du vivant de Schubert. Ainsi nommées par Brahms qui les éditera en 1868, chacune d’elles présente une forme presque identique : une sorte de rondo (c'est-à-dire un thème-refrain initial entrecoupé de deux ou trois couplets différents). L'enchaînement de leurs tonalités, ainsi que la succession des tempos (vif-lent-vif), incite à considérer l’ensemble comme une sonate. Mais chaque pièce se présente aussi de façon fermée, comme un univers poétique et dramatique parfaitement indépendant.
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